Composer avec le territoire : Trois questions à un paysagiste
Avant de produire de l’électricité, nos projets doivent trouver leur place dans le paysage. C’est là qu’intervient le paysagiste concepteur diplômé d’État : il observe, compose, dialogue et imagine des solutions qui permettent de conjuguer performance énergétique, qualité des usages et des lieux de vie et acceptation locale. Rencontre avec Thomas Blasco, du bureau d’études Résonance Urbanisme et Paysage, un de nos partenaires.
Thomas Blasco, pouvez-vous nous parler de votre métier et de votre parcours ?
J’ai souhaité devenir paysagiste convaincu que l’aménagement des espaces peut contribuer à préserver, voire à améliorer la qualité de vie de tous. Aussi, mon métier me permet d’aborder des sujets aussi vastes que l’urbanisme et la biodiversité, ce qui le rend passionnant. Après une classe préparatoire, j’ai intégré l’Institut Agro Rennes-Angers. En sortant de l’école, j’ai intégré ce bureau d’études, qui dispose d’un pôle spécialisé dans l’étude de projets d’énergies renouvelables (principalement photovoltaïques, agrivoltaïques et éoliens).

Comment procédez-vous, quand un nouveau projet est étudié ?
En général, il y a toujours deux grandes phases, précédées d’une analyse sensible, réalisée sur site. Durant la première phase (état initial), nous confrontons notre connaissance théorique du territoire (qui est le fruit de recherches bibliographiques) avec la réalité du terrain, grâce à des prises de vue drone notamment. Nous dressons ainsi un bilan des enjeux et points de vigilance (sensibilités) du territoire. Cette phase se conclut par la formalisation de préconisations, qui exposent, en quelque sorte, un « projet idéal », d’un point de vue paysager. Ensuite, le développeur confronte nos préconisations à celles des autres volets de l’étude et émet un plan d’implantation intermédiaire. À nouveau, nous soulignons les points de vigilance, puis le plan final est créé.
La seconde phase est donc beaucoup plus concrète, car elle vise à étudier les réels impacts du projet sur le territoire. Notre mission, pour résumer, est d’assurer la meilleure intégration paysagère possible du projet.
Cette étude est-elle obligatoire et les résultats sont-ils rendus publics ?
Il existe une pluralité de projets, et tous ne nécessitent pas d’étude d’impact. Parfois, seules des déclarations d’urbanisme suffisent. Néanmoins, dans la majorité des cas, ces projets sont soumis à étude d’impact ou à étude cas par cas. Les dossiers ainsi formalisés doivent obligatoirement contenir un volet paysager, préférentiellement rédigé par un paysager concepteur diplômé d’État, c’est mon cas, afin de garantir une certaine qualité de l’étude. Le document est par la suite consultable par l’ensemble des acteurs du territoire.